Alors que l’alcool augmente le risque de nombreuses maladies, des chercheurs brésiliens estiment que cela pourrait aussi impacter la santé cérébrale au-delà d’une certaine quantité hebdomadaire.
On le sait, la consommation d’alcool est néfaste pour la santé. Cette dernière est à l’origine de 49.000 décès par an en France. Elle augmente le risque de cancer colorectal, de la bouche, du foie, a un impact sur l’hypertension et augmente le risque d’accident de la route. Mais un autre effet, plus surprenant, a été mis en lumière par une équipe de chercheurs.
Des chercheurs de l'Université de São Paulo, au Brésil, indiquent qu’au-delà d'une certaine quantité d'alcool par semaine, sa consommation a un impact délétère sur le cerveau. Leurs résultats sont publiés dans la revue Neurology.
Les conséquences de l’alcool sur la santé cérébrale analysées par les chercheurs
Pour en arriver à ces résultats, les chercheurs se sont basés sur les données de 1.781 personnes dont l'âge moyen au décès était de 75 ans. Ils se sont concentrés sur la présence d’une maladie appelée artériolosclérose hyaline, qui “provoque un rétrécissement des petits vaisseaux sanguins, qui deviennent épais et rigides”. Elle se manifeste par des lésions et des zones de tissu cérébral endommagé.
Au moment du décès, les chercheurs ont réalisé une autopsie du cerveau afin de découvrir la présence de lésions cérébrales, “notamment des enchevêtrements de protéines tau et de l'artériolosclérose hyaline”. D’autres informations ont été recueillies, comme la taille et le poids des participants. En interrogeant les familles des défunts, les chercheurs ont pu estimer les habitudes en matière de consommation d’alcool. Les chercheurs définissent un verre comme contenant 14 grammes d’alcool, soit environ 350 millilitres (ml) de bière, 150 ml de vin ou 45 ml de spiritueux distillés.
En fonction de ces habitudes, les chercheurs les ont classés en trois groupes. Les gros buveurs consommaient en moyenne huit boissons alcoolisées ou plus par semaine, et les buveurs modérés en consommaient au moins sept verres ou moins par semaine. À noter que les chercheurs ont également différencié les personnes n’ayant jamais bu ou ayant arrêté de boire.
L’alcool a un impact négatif sur le cerveau à partir de cette quantité consommée par semaine
Après ajustement des résultats en prenant en compte différents facteurs, tels que le tabagisme, l’âge au décès ou l’activité physique, les chercheurs ont constaté que “les gros buveurs présentaient un risque, 133 % plus élevé de lésions cérébrales vasculaires que ceux n'ayant jamais bu”. Les personnes ayant eu une grande consommation d’alcool, mais ayant arrêté, avaient un risque accru de 89% par rapport à ceux n’ayant jamais bu. Enfin, les buveurs modérés avaient un risque plus élevé de 60%.
Aussi, les personnes ayant eu une grande consommation d’alcool présentaient un biomarqueur associé à la maladie d'Alzheimer. Ils avaient un risque accru de 41 % (pour les gros buveurs) et 31 % (pour les anciens gros buveurs), de développer cette maladie neurodégénérative.
“Nous avons étudié les effets de l'alcool sur le cerveau avec l'âge. Nos recherches montrent qu'une consommation excessive d'alcool est dommageable pour le cerveau, ce qui peut entraîner des troubles de la mémoire et de la pensée”, résume dans un communiqué Fernando Oliveira Justo, de la faculté de médecine de l'Université de São Paulo. Si aucune consommation d’alcool n’est sans danger, en France, les recommandations indiquent de “limiter sa consommation à deux verres par jour maximum et de ne pas consommer d’alcool tous les jours”.
Louis Tardy