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Des scientifiques brésiliens créent une technologie permettant de transformer le CO2 en carburant renouvelable pouvant alimenter des navires, des voitures et des camions. (30 notícias)

Publicado em 11 de agosto de 2025

Des scientifiques brésiliens transforment le CO₂ en e-méthanol, en essence verte et en diesel, avec le potentiel d’alimenter les navires, les voitures et les camions.

Le dioxyde de carbone (CO₂), ennemi du climat et principal gaz à effet de serre, pourrait devenir un allié stratégique de la transition énergétique du Brésil. Des scientifiques et des entreprises brésiliennes développent des technologies capables de capter ce gaz – issu de procédés industriels ou directement de l'atmosphère – et de le convertir en carburants renouvelables tels que l'e-méthanol, l'essence verte et le diesel – tous des carburants renouvelables.

Cette avancée place le Brésil sur la voie des nations capables de fournir des alternatives propres et durables aux secteurs difficiles à électrifier, comme le transport maritime et routier lourd.

E-méthanol : une innovation née à l'USP avec un potentiel pour le secteur maritime – carburant renouvelable

À l'Institut de Chimie de l'Université de São Paulo (IQ-USP), un projet mené dans le cadre du Centre de Recherche pour l'Innovation en Gaz à effet de serre (RCGI), un partenariat entre la FAPESP et Shell, vise à produire de l'e-méthanol à partir du CO₂ capté dans les usines d'éthanol.

O ingénieur chimiste Pedro Vidinha, co-fondateur de la startup Carbonic, explique que le Brésil dispose de conditions uniques pour cette production : un volume élevé de CO₂ pur généré lors de la fermentation de la canne à sucre, de l'énergie électrique provenant de la combustion de la bagasse et de la vapeur pour alimenter le processus chimique.

Grâce à un catalyseur breveté à base d'oxydes de titane et de rhénium, le groupe a réussi à convertir 18 % du CO₂ en produits, avec une sélectivité de 98 % pour méthanol.

Des scientifiques brésiliens prévoient de construire une usine pilote de carburants renouvelables à la Cité universitaire d'ici 2026, capable de produire jusqu'à trois litres d'e-méthanol par jour. Si elle est validée, la technologie pourrait être transposée à l'échelle industrielle dans des usines de sucre et d'éthanol, avec une production annuelle prévue supérieure à 100 XNUMX tonnes.

Parallèlement, Repsol Sinopec Brasil, en partenariat avec Hytron, Senai-CETIQT et USP, développe le projet CO2CHEM, qui transforme le CO₂ et l'hydrogène en essence et diesel renouvelables.

L'unité pilote, inaugurée en mars au siège d'Hytron à Campinas, peut produire jusqu'à 20 litres par jour, consommant une tonne de CO₂. L'ingénieure Cassiane Nunes de Repsol Sinopec souligne que le système peut fonctionner avec du CO₂ provenant de n'importe quelle source et être alimenté par des énergies renouvelables, garantissant ainsi un cycle fermé du carbone.

Le projet explore également la capture directe de l'air (DAC), une technologie pionnière mise en œuvre au Brésil avec l'Institut du pétrole et des ressources naturelles PUCRS, capable d'éliminer le carbone de l'atmosphère pour l'utiliser dans le processus de production.

À l'échelle mondiale, la production d'e-méthanol est déjà une réalité. Depuis mai, la ville de Kasso, au Danemark, abrite la première usine commerciale, d'une capacité de 42 millions de tonnes par an, exploitée par European Energy et Mitsui. Maersk, géant du transport maritime, en est le principal client et utilise ce carburant pour des navires qui émettent jusqu'à 65 % de gaz à effet de serre de moins que ceux propulsés au pétrole fossile.

Au Brésil, outre les projets d'USP et de Repsol Sinopec, Petrobras, Braskem et HIF Global ont annoncé des projets d'usines d'e-méthanol, encore à leurs débuts. Le principal défi, selon Vidinha, est de rendre ce carburant compétitif : alors que le combustible fossile coûte environ 300 dollars la tonne, l'e-méthanol coûte environ 1.300 XNUMX dollars, un prix qui tend à baisser avec les économies d'échelle.

Impact stratégique pour la décarbonisation

Le développement de ces technologies est crucial pour les secteurs qui ne peuvent pas dépendre uniquement de l'électrification, comme les navires, les camions long-courriers et l'aviation. Outre la réduction des émissions, l'utilisation du CO₂ comme matière première contribue à créer une économie circulaire du carbone, transformant un passif environnemental en un intrant à forte valeur ajoutée.

La réglementation internationale, comme les objectifs de l’Organisation maritime internationale visant à atteindre des émissions nettes nulles d’ici 2050, devrait accélérer la demande et créer un espace pour que le Brésil devienne un exportateur de carburants renouvelables avancés.